EN ROUTE POUR LE HAVRE, À 12 JOURS DU GRAND DÉPART

À 12 jours du grand départ de la Transat Jacques Vabre

La Transat Jacques Vabre approche à grands pas pour Armel Tripon et Vincent Barnaud. Les deux marins sont partis hier de La Trinité sur mer à bord du Multi50 RÉAUTÉ CHOCOLAT pour Le Havre d’où sera donné le départ de la Transat Jacques Vabre le dimanche 5 novembre. Armel se confiait avant de larguer les amarres.

Armel, le départ en convoyage symbolise l’entrée dans la période immédiate de l’avant course…
« On y est. J’ai déjà dit au revoir à mes enfants car ce sont les vacances scolaires et ils partent en stage… de voile. Je ne les reverrai pas d’ici le départ de la Transat Jacques Vabre. Nous partons ce soir (ndr : mardi 24 octobre) de la Trinité-sur-mer à bord de RÉAUTÉ CHOCOLAT. Nous n’arriverons au Havre que jeudi soir car mercredi nous faisons un arrêt à Cherbourg pour embarquer deux journalistes qui veulent tourner un sujet télévisé avec nous. »

Le bateau est en configuration transat ?

« Hormis l’avitaillement en produits frais que l’on fait au dernier moment, absolument tout est à bord : les produits secs, nos sacs de mer, tout le matériel de ‘spare’ pour la course. C’est un dossier important d’ailleurs que choisir ce que tu embarques ou pas… Il y a des arbitrages assez subtils à faire. D’un côté il faut imaginer toute éventualité et être capable de réparer ou de changer du matériel si on a de la casse. De l’autre, pour des raisons d’encombrement et de poids évidentes, on ne peut pas emporter l’équivalent d’un deuxième bateau avec nous. Il faut donc être le plus précis possible dans nos choix et savoir trancher. »

Quelles conditions sont prévues pour ce convoyage ?

« Une météo plutôt clémente : peut-être une quinzaine de nœuds de vent de secteur Sud-Ouest. C’est bien, ça s’annonce relativement paisible mais il faudra redoubler de vigilance tout de même, tout simplement parce qu’on n’a pas envie de casser la moindre chose maintenant, juste avant le départ. Volontairement, nous ne partons qu’à deux Vincent et moi, car le convoyage c’est aussi la dernière répétition avant le spectacle. Un peu comme pour les musiciens quand ils font leur balance quelques heures avant de monter sur scène. »

Côté préparation, sur quoi avez-vous mis l’accent ces dernières semaines ?

« Nous avons tout vérifié une énième fois évidemment, en insistant beaucoup sur les systèmes de sécurité pour le pilote automatique et l’électronique du bord. Il faut savoir les utiliser en mode dégradé et bien maîtriser les systèmes de secours, au cas où. Nous avons aussi peaufiné quelques détails, par exemple des marquages de réglages les plus précis possibles sur les drisses et les écoutes. Avec Vincent on a également bien travaillé notre fonctionnement de nuit, toutes les configurations de voiles et de foils possibles… Sans oublier de faire de la préparation physique parallèlement pour partir le plus en forme possible et ‘avoir la caisse ‘. Ces dernières semaines de préparation ont été assez denses ! »

Avez-vous aussi beaucoup travaillé avec votre routeur à terre, Christian Dumard ?

« Nous nous sommes calés avec lui sur le meilleur mode de fonctionnement possible. C’est très important de s’assurer qu’on parlera bien le même langage pendant la course. Je dirais même qu’il est primordial de bien fonctionner ensemble si on veut faire une belle course. Ce sera une première pour nous de bénéficier des services d’un routeur, ce sera forcément très intéressant. »

Faire une belle course, cela passe d’abord par réussir à la terminer… C’est ce que vous vous dites aussi ?

« Clairement, oui ! Si la question est celle des objectifs, le premier de tous c’est de terminer la course ! C’est une course en multicoques, donc il y a un facteur casse qui peut s’avérer prépondérant. On sait que les premières 72 heures de mer peuvent être compliquées pour nos bateaux et qu’il faudra savoir être prudent. En Multi50, chaque équipage aura une manière différente de mener son bateau.

Notre idée avec Vincent c’est de ne pas nous laisser emballer par le rythme que certains voudront probablement mettre dès l’entame de la course. On sait très bien que ça peut être engagé en cette saison sur ce type de bateau (d’ailleurs je ne dirais probablement pas la même chose si je naviguais en monocoque), mais nous avons bien en tête que le premier des objectifs est de finir. Après, bien sûr nous chercherons à faire la meilleure trajectoire et les bons choix stratégiques… Et si nous y parvenons le résultat final pourrait être au rendez-vous. Mais ce sera une conséquence de cette belle navigation, ça ne se décrète pas à l’avance. Par exemple, il est probable que d’autres équipages attaquent plus que nous en début de course, parce qu’ils ont plus d’expérience ou parce que c’est leur tempérament. Avec Vincent, c’est notre première transat en multicoque et c’est aussi la première de notre sponsor RÉAUTÉ CHOCOLAT, alors on a envie de bien faire et surtout pas de devoir abandonner prématurément. C’est toujours plus facile à dire à terre qu’une fois la course lancée, mais on sait qu’il ne faut pas trop se laisser griser par le rythme de la course si on le juge trop élevé pour nous. »

 

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