UNE AUTRE COURSE COMMENCE !

Le golfe de Gascogne et ses deux fronts violents sont déjà de l’histoire ancienne. Après avoir perdu un peu de terrain du fait de sa trajectoire au sud, le RÉAUTÉ CHOCOLAT d’Armel Tripon et Vincent Barnaud est de retour au contact du podium virtuel des Multi 50 (3e ce mercredi après-midi). Tout va bien à bord, assure le skipper nantais.

 

Armel, comment ça va aujourd’hui, au troisième jour de cette Transat Jacques Vabre ?

« Beaucoup mieux ! On a évidemment perdu un peu de terrain sur nos petits camarades, mais nous avons été fidèles à notre idée qui était de préserver le bateau au maximum pendant ces deux premiers jours de course, qui étaient vraiment difficiles. Ce n’est pas grave : au moins on sait pourquoi nous sommes là et je répète qu’avant de penser à un éventuel résultat, il faut d’abord arriver de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil. J’ai toujours dit que c’était l’objectif numéro un. Le front n’a peut-être pas été aussi fort que prévu mais c’est de l’histoire ancienne, il reste beaucoup de terrain à couvrir et beaucoup de choses vont se passer avant de songer à arriver au Brésil ! »

Quelles sont les conditions que vous rencontrez maintenant, au grand large du Portugal ?

« Rien à voir avec le début de course, c’est beaucoup mieux ! On est sous grand-voile haute et grand gennaker, dans du vent portant et on glisse rapidement. Il y a encore une belle houle de nord-ouest, d’environ 1,5 à 2 mètres, mais la mer est bien mieux rangée, c’est beaucoup plus confortable et ça fait du bien… »

La vie à bord doit être bien plus agréable…

« On a cessé de vivre comme des animaux ! On peut enfin sortir sans se prendre des paquets de mer dans la figure, on peut enfin se reposer un peu, s’alimenter normalement… Faire tous ces trucs quotidiens qui font du bien au moral et qu’on ne pouvait pas faire dans le gros temps. En plus on est revenu au contact du Ciela Village de Thierry Bouchard et Oliver Krauss, donc de la troisième place. On ne va pas se plaindre. Et les premiers n’ont que 80 milles d’avance sur nous, soit 4 à 5 heures maximum à bord de nos bateaux. Ce n’est pas grand-chose à l’échelle de l’Atlantique, surtout quand il reste plus de 3300 milles à couvrir et le pot au noir à passer. Tout est encore possible. »

Stratégiquement, quelle est l’idée ?

« Clairement, on prépare déjà le franchissement du pot au noir, avec un empannage à placer cet après-midi qui est important car il décide de la suite… et justement de l’entrée dans le pot au noir (NDR : C’est fait ! RÉAUTÉ CHOCOLAT a empanné à 15h ce mercredi et du même coup repris la 3e place à Ciela Village qui n’avait toujours pas effectué cette manœuvre 1h30 plus tard). Après, une fois qu’on aura passé les Canaries, on aura probablement un grand bord tout droit vers l’équateur. On travaille le sujet avec notre routeur pour trouver le meilleur point de passage possible, c’est un grand classique des courses où on change d’hémisphère. »

Tout va bien avec Vincent, pas encore de dispute à bord ?

« (Rires) Non non, ça va très bien ! Nous sommes à 100%, le bateau est à 100% et il y a beaucoup moins de stress à bord. Clairement, il faut rester vigilants – comme toujours en multicoque – mais le plus dur est derrière nous. Une autre course commence… »

 

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