DÉJÀ LES CANARIES ET ENFIN UNE ACCALMIE !

Déjà les Canaries… et ça va toujours vite pour RÉAUTÉ CHOCOLAT, qui défend mordicus sa troisième place sur la Transat Jacques Vabre. La nuit a encore été sportive, mais la mer est plus tolérante et une accalmie bienvenue est annoncée dans les heures qui viennent, aujourd’hui vendredi. Nous avons pu joindre Armel Tripon en mer et, à terre, le routeur du bateau Christian Dumard. Celui-ci estime que le duo de RÉAUTÉ CHOCOLAT fait du très bon boulot jusqu’ici.

 

Fin du cinquième jour de mer sur la Transat Jacques Vabre et RÉAUTÉ CHOCOLAT tient bon. Environ 400 milles nautiques (740 km) dans l’ouest des Canaries (déjà !), Armel Tripon et Vincent Barnaud mettent du charbon pour filer vite vers le sud et consolider leur place sur le podium virtuel de la course. La mer est moins inconfortable mais ça va toujours très vite à bord du Multi50 RÉAUTÉ CHOCOLAT. Armel raconte : « La nuit a encore été très rapide, c’est toujours ambiance transat express : le bateau est en permanence à 22, 23 nœuds et on a fait des pointes à plus de 30 nœuds. On glisse ! Dans la nuit nous avons réduit la grand-voile jusqu’à deux ris avant d’en renvoyer un au lever du jour quand le vent a un peu faibli. Il y a encore 22 à 25 nœuds de vent de nord-est, un peu de soleil mais plutôt nuageux avec des cumulus ».

Café pain-beurre !

Il y a même eu un bon petit moment du marin (inimaginable voilà encore 48 heures) ce matin à bord de RÉAUTÉ CHOCOLAT : « On s’est fait un café avec des vraies tartines de pain-beurre au saumon… C’est pas beau ça ? En mer il faut savoir se contenter de plaisirs très simples ! » plaisante Armel Tripon, moral au top. Tout comme Vincent Barnaud qui s’autorise parfois à écouter un peu de musique avec de petits écouteurs étanches, malgré le vacarme ambiant. Mieux vaut qu’ils soient étanches d’ailleurs car « ça mouille encore beaucoup dès que tu es sur le pont » raconte Armel. « Le soleil commence à chauffer, mais on ne peut pas se passer de ciré, car c’est toujours ambiance karcher au poste de barre, on prend toujours beaucoup d’eau. Nos petits copains de Ciela Village (4e 30 milles derrière eux) doivent être bien contents avec leur bateau neuf qui a été conçu avec une casquette très protectrice, un peu comme l’Ultim Macif. Ils doivent se faire moins rincer que nous dans ces conditions. Mais bon ça va, et le vent va mollir normalement aujourd’hui. »

Christian Dumard : « Armel et Vincent naviguent super bien…»

Côté météo, une petite « onde d’Est », c’est-à-dire une mini dépression en formation est devant les étraves de RÉAUTÉ CHOCOLAT, légèrement sur la gauche. Il faut bien doser pour contourner ce phénomène qui évolue assez lentement de l’est vers l’ouest. « On va passer à l’arrière de cette dépression avant de pouvoir remettre un peu d’ouest dans notre route » explique Armel Tripon. Ce que confirme Christian Dumard, le routeur de RÉAUTÉ CHOCOLAT : « Ils ont une chicane à faire autour de cette zone assez mal délimitée dans laquelle il y a de la pluie et du vent très instable. Il faut d’abord aller vers l’est pour la contourner, puis s’écarter des îles du Cap Vert pour préparer le point d’entrée dans le Pot au noir, dont ils auront les premiers signes dimanche ou lundi ». Autrement dit aller d’abord vers la gauche, puis vers droite, tout en progressant évidemment vers le sud.  Un « S » à bien doser.

Aujourd’hui le vent va mollir puis refuser, c’est-à-dire se rapprocher de l’axe du bateau. Les deux marins de RÉAUTÉ CHOCOLAT auront même quelques heures de navigation au près à faire demain matin. Ce sera forcément un peu moins rapide mais ce sera le cas pour tout le monde et ça ne durera pas très longtemps.

Une dernière bonne nouvelle pour la route ? Le très expérimenté Christian Dumard (il travaille notamment avec Thomas Coville, recordman autour du monde en solitaire, et était le monsieur météo du dernier Vendée Globe, entre autres) estime : « Armel et Vincent naviguent super bien ! Ils vont vite tout en étant ‘safe’, sans prise de risque inconsidérée. C’est tout à fait normal qu’Erwan Le Roux et Lalou Roucayrol, bien plus expérimentés qu’eux en Multi50, aient attaqué plus fort – parfois même vraiment très fort je trouve pour Lalou. Etre troisièmes à ce moment de la course, c’est très bien ! »

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