DÉJÀ LE POT AU NOIR !

Les milles défilent à toute vitesse pour RÉAUTÉ CHOCOLAT : au beau milieu de l’Atlantique, Armel Tripon et Vincent Barnaud filent encore à grande vitesse et s’apprêtent à négocier dès ce lundi soir la traversée du Pot au noir. En attendant ce coup de frein, ça glisse dans des conditions idéales !

 

Tout va bien à bord de RÉAUTÉ CHOCOLAT ! La journée a débuté bien tôt pour Armel Tripon avec une interview en direct dans le 5/7 d’Hélène Roussel sur France Inter. Nous avons pu le joindre trois heures plus tard, avec une bonne voix et les plaisanteries du marin qui sait qu’il tient le bon bout : « Ah, c’est presque les vacances comparé à ce que nous avons vécu pendant les premiers jours de course ! Là, nous sommes sous grand-voile haute et gennaker, à 22 ou 23 nœuds en permanence. C’est-à-dire qu’en ce moment on va quatre fois plus vite qu’Erwan et Lalou, qui, eux sont déjà arrêtés pour le Pot au noir. Le bateau glisse sans effort, c’est du bonheur ! Nous avons placé deux ou trois empannages dans l’ouest cette nuit afin de marquer French Tech, notre adversaire pour le podium, et on est plutôt contents de ce qu’on a fait… C’est très ‘safe’, sans prendre trop de risques, il y a du plaisir ! »

RÉAUTÉ CHOCOLAT reprend des milles aux deux bateaux de devant (ils ont aussi creusé de 60 milles l’écart sur l’IMOCA St Michel Virbac qui était dans leurs parages hier), mais il ne faut tout de même pas s’attendre à les voir revenir à égalité avec les deux premiers. « Cela fera probablement un coup d’accordéon ou d’élastique, comme vous voulez », explique Armel.

A Bahia vendredi ?

Derrière la voix du skipper de RÉAUTÉ CHOCOLAT, on entend le bateau qui file à toute allure, bien calé sur son foil. Il faut rester vigilant, mais la progression vers le but est encore supérieure à 400 milles par jour. « On ne peut évidemment pas trop prévoir dans quelles proportions nous serons ralentis dans le Pot, mais disons que nous devrions arriver à Bahia d’ici quatre jours, autour de vendredi. » Après le Pot, l’alizé de sud-est va remplacer assez rapidement celui de nord-est et en avant vers le Brésil ! En attendant, la vie est plutôt belle à bord du Multi50 couleur chocolat. « Il fait chaud à bord, autour de 30 degrés à l’intérieur, et le petit ventilateur 12 volts ne sert qu’à nous donner un peu de frais sur le visage, mais c’est du plaisir de glisser comme ça à bord de notre beau bateau. On mange de bons petits plats préparés Sodebo agrémentés encore d’un peu de frais. Hier soir par exemple c’était fameux : spaghetti coriandre champignons noirs… et en dessert, évidemment, des petites douceurs de chez RÉAUTÉ CHOCOLAT, c’est bon pour le moral du marin ! »

Prémices du Pot

Ainsi Armel et Vincent ont du temps pour échanger sans stress : « Avec Vincent, on discute beaucoup. On en profite pour voir quelles améliorations, techniques et ergonomiques, on pourrait apporter au bateau en prévision de la Route du Rhum. C’est constructif. » Et Armel n’oublie pas que cette Transat Jacques Vabre est aussi une grande réussite pour la classe Multi50. « C’est super positif, il n’y a que le chavirage de Drekan Groupe comme bémol, mais sinon tout le monde est là et les bateaux prouvent qu’ils peuvent faire ce genre de course sans trop d’encombre. RÉAUTÉ CHOCOLAT est à 100%, on n’a aucune galère technique, que de l’usure normale des boutes. Je touche du bois car nous ne sommes pas encore arrivés, mais avec les conditions très dures que nous avons eues au départ, cela montre que nous étions bien préparés. »

Il reste moins de 1500 milles à couvrir pour confirmer et s’offrir un grand bonheur au Brésil. Devant, Arkema est quasiment revenu à hauteur de FenetréA Mix Buffet, à la faveur du coup de frein dans le Pot au noir. « Nous ce serait un peu un hold-up quand même qu’on revienne sur eux » estime Armel, « mais on ne va pas se plaindre :  la course est belle et on est d’attaque pour défendre notre place sur le podium ! ». A 12h ce lundi, RÉAUTÉ CHOCOLAT est revenu à 180 milles des leaders et possède encore un matelas de près de 150 milles d’avance sur le quatrième. Le bateau commence à ralentir un peu dans les prémices du Pot au noir, mais on fera des comptes plus pertinents demain et dans 48 heures, quand tout ce beau monde sera sorti de la zone d’incertitude et n’aura plus qu’à glisser vers le Brésil.

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