UN PODIUM À DÉFENDRE !

Le Pot au Noir a été fidèle à sa réputation pour RÉAUTÉ CHOCOLAT, très fortement ralenti à son tour sous une énorme masse nuageuse entre hier après-midi et le milieu de la nuit dernière, avec des vitesses parfois inférieures à 3 nœuds ! Heureusement, c’est reparti et très bien reparti ce matin : dans un bon vent d’est, Armel Tripon et Vincent Barnaud, troisièmes, cravachent à plus de 20 nœuds sur la route ! Il y a un podium à défendre en fin de semaine au Brésil et la mésaventure arrivée en quelques heures à l’ex-leader montre que rien n’est définitif dans cette Transat Jacques Vabre.

 

Tout va très vite en multicoque et la course des Multi50 est relancée avec ce passage délicat du Pot au Noir. Il n’y a qu’à observer l’incroyable retournement de situation en tête : dimanche soir le duo Le Roux/Riou, alors premier, avait 100 milles d’avance sur le tandem Roucayrol/Pella… Mais 36 heures plus tard les ex-deuxièmes ont 43 milles d’avance sur les anciens leaders ! Le Pot au Noir est passé par là… « Leur bagarre est belle d’ailleurs, on regrette un peu de ne pas pouvoir se frotter avec eux » explique Vincent Barnaud, « mais nous on a un podium à défendre et ce n’est pas rien non plus ! On a eu un peu peur hier soir quand on voyait La French Tech (4e) nous reprendre beaucoup de milles. Nous étions scotchés sous une énorme masse nuageuse qui s’est formée devant notre route alors que les fichiers de vent ne disaient pas ça du tout. Il a fallu se battre et beaucoup manœuvrer dans des vents faibles et très instables pour nous en sortir ».

 

Hémorragie stoppée… et tendance inversée

Dans cette grande bagarre du Pot au Noir, RÉAUTÉ CHOCOLAT a donc d’abord perdu du terrain, beaucoup, jusqu’à la moitié de l’avance qu’Armel et Vincent avaient engrangé sur La French Tech, qui est même revenu à moins de 60 milles un moment ! « C’était tendu » explique Vincent… « Mais là nous sommes bien repartis, on espère être sortis du plus dur ; ça fait six heures (depuis 6h du matin heure française ndr) que nous avons maintenant un vent d’est de 15,16 nœuds et le bateau file à 24 nœuds sur la route, au vent de travers ! Et ça non plus ce n’était pas franchement prévu, on espère bien être en train de regagner le temps qu’on a perdu. Armel a sorti une carte satellite et a priori nous avons fait le plus dur, même s’il reste une petite bulle à négocier devant nous, ce sera pour ce soir. » De fait, l’avance de RÉAUTÉ CHOCOLAT sur le duo Gilles Lamiré/Thierry Duprey du Vorsent est de nouveau à la hausse :  100 milles ce midi. Ouf, le jeu de l’élastique est de nouveau en faveur du tandem de RÉAUTÉ CHOCOLAT !

L’équateur demain, Bahia en fin de semaine

Vincent Barnaud continue son explication : « On échange beaucoup avec notre routeur Christian Dumard en ce moment parce que les modèles météo sont à la rue : par exemple là nous devrions avoir cinq nœuds de vent de nord-est et en fait nous avons 16 nœuds venant de l’est. Tant mieux pour nous, hier soir ça nous était très défavorable, mais là c’est de nouveau dans le bon sens. En fait, on se fie beaucoup à notre instinct dans cette zone, puisqu’on ne peut pas vraiment compter sur des prévisions fiables. »

Bref, après la petite frayeur de se faire ravir la place sur le podium, le moral est de nouveau au beau fixe à bord de RÉAUTÉ CHOCOLAT. Le passage de l’équateur est pour demain normalement, puisque la ligne de démarcation des hémisphères n’est plus que 340 milles devant les étraves.

Les foils vont parler

Ensuite, l’angle au vent final, pour le dernier quart du parcours de cette Transat Jacques Vabre, devrait en théorie donner l’avantage à RÉAUTÉ CHOCOLAT, grâce à ses foils. « Je pense que nous irons plus vite que La French Tech sur la fin de course », confirme Vincent Barnaud, « parce que nous pourrons faire parler tous les avantages des foils. Normalement, sauf casse ou pépin technique, j’ai bon espoir qu’on parvienne à les garder derrière nous jusqu’à la fin et qu’on garde notre 3e place ». L’arrivée à Salvador de Bahia, elle, est difficile à prévoir puisqu’il reste cette petite zone d’incertitude à négocier ce soir : « On ne regarde pas encore trop notre ETA. Peut-être vendredi, peut-être samedi. Pour le moment, on est bien content d’être sortis de cette énorme masse nuageuse et d’avancer de nouveau à grande vitesse vers le but ! » C’est déjà pas mal en effet surtout que ce mardi midi La French Tech était de nouveau deux fois moins rapide que RÉAUTÉ CHOCOLAT : à peine 10 nœuds pour Gilles et Thierry contre un peu plus de 20 nœuds pour Armel et Vincent, à moins de 1300 milles de l’arrivée. C’est bon à prendre après une douzaine d’heures très compliquées.

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